Recommander

Recherche

Mardi 5 septembre 2006

Deux secrétaires nationaux du PS chargés de l'éducation et de l'enseignement supérieur critiquent mardi les prises de positions de Ségolène Royal sur l'école, qui selon eux "s'éloignent de la vision et de l'esprit" du projet socialiste.

 

"Nous ne pouvons qu'être surpris par les déclarations de notre camarade S. Royal concernant l'école", écrivent les secrétaires nationaux à l'éducation Claude Roiron, et à l'enseignement supérieur et la recherche, Yves Durand, dans un communiqué commun avec le président des Jeunes socialistes, Razzye Hammadi.

 

Ils notent qu'elles "ne figurent pas dans le projet des socialistes, voté à l'unanimité : pire elles s'éloignent de sa vision et de son esprit".

 

Ils soulignent encore que "la suppression de la carte scolaire, proposition récurrente dans les programmes de la droite" - dont Mme Royal a dit dimanche en Lozère que ce serait "l'idéal" -, "ne ferait que renforcer la ghettoïsation de l'école publique et créerait une école à deux vitesses".

 

Quant à "la proposition de mettre des vigiles dans les classes", elle est "pernicieuse car elle réduit la dimension éducative à la seule punition et à la normalisation des comportements et des savoirs".

 

"Pour la gauche, l'école doit redevenir un lieu d'épanouissement personnel pour les élèves et non une maison de correction", soulignent les signataires du communiqué.

 

Quant à la possibilité d'allonger le temps de présence des enseignants dans les établissements, envisagée par Mme Royal, les signataires estiment que cette question "doit être abordée avec eux et leurs représentants", sans "alimenter le discrédit jeté sur eux par la droite réactionnaire".

 

"La gauche s'inscrit dans une tradition où l'école est le creuset de la République ", soulignent-ils encore.

AFP, le 5 septembre 2006

Par AFP - Publié dans : Vie politique nationale
- Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 1 septembre 2006

 Nathanaël Uhl est militant de la fédération de Paris. Membre du conseil d'administration de Rénover Maintenant Paris, il est porte parole de "Rénover dans la fidélité".

 

Tu appartiens au courant « Rénover maintenant », mais tu as refusé de suivre le ralliement d’Arnaud Montebourg à Ségolène Royal, pourquoi ?

 

Pour les camarades qui se reconnaissent dans « Rénover dans la fidélité », la question de l’alliance politique est primordiale. Nous ne croyons pas aux ralliements d’opportunité. Ma modeste expérience au Parti socialiste, depuis 1998, me démontre qu’aucune perspective nouvelle ne peut s’ouvrir sans accord sur des bases politiques claires.

 

Le discours de Ségolène Royal à Frangy, son premier discours de candidate, devait permettre de voir si les conditions nécessaires à un tel accord étaient réunies. Au final, ce texte nous révèle « un programme en pointillés », pour reprendre le titre de Libération ; un programme duquel les valeurs essentielles de « Rénover Maintenant » sont exclues. Sur le rééquilibrage nécessaire entre capital financier et travail ? Rien. Sur l’Europe ? Hors l’environnement et la recherche, je reste sur ma faim. Sur la 6e République ? Elle botte en touche et va même jusqu’à remercier Arnaud Montebourg de ne pas avoir utilisé le terme dans son introduction. De quoi heurter profondément nombre de camarades.

 

Après son discours de Frangy et son refus de débattre avec les jeunes socialistes à La Rochelle , nous pouvons mesurer combien les conditions pour un accord politique avec Ségolène Royal ne sont pas réunies.

 

Qu’est-ce qui a motivé ton soutien à la candidature de Laurent Fabius ?

 

En premier lieu, je ne suis pas fabiusien, je ne l’ai jamais été. J’ai observé l’évolution de Laurent Fabius au lendemain du 21 avril 2002 et j’ai relevé, au fur et à mesure que le temps avançait, les signes successifs d’une véritable remise en question de sa part. Il a compris, le premier, que nous avions perdu – tous ensemble – parce que nous nous étions coupés de ceux pour qui le parti socialiste est censé se battre depuis sa création : les couches populaires, les chômeurs, les précaires, les travailleurs pauvres, les populations les plus stigmatisées et discriminées.

 

Il a compris, je crois sincèrement, le divorce entre les classes populaires et la gauche ; divorce sanctionné par le fait que le Front national reste encore aujourd’hui le premier parti parmi les ouvriers, les chômeurs…
Aujourd’hui, Laurent Fabius a posé, noir sur blanc, des engagements et un programme clairement ancré à gauche qui porte, en soi, non seulement les conditions de l’alternance, mais les conditions de l’alternative. Ses propositions peuvent nous faire gagner, car elles offrent une base solide pour construire un contrat de gouvernement avec l’ensemble des partis de gauche autour du Parti socialiste.

 

Enfin, Laurent Fabius offre aux militants de « Rénover Maintenant » des points de convergence forts en termes politiques. Que ce soit sur la réorganisation des pouvoirs de l’Union, les engagements européens en matière de droits sociaux ou encore sur les nouvelles régulations économiques et sociales. Le contenu qu’il donne à l’évolution institutionnelle nécessaire qu’il envisage demain pour la France répond, assez significativement, aux aspirations des militants de « Rénover Maintenant », sensibilité qui reste la mienne et celle de mes ami(e)s. Il s’est engagé nettement sur la voie d’une république parlementaire, sur la suppression du 49-3, sur la responsabilité pénale du chef de l’Etat, sur la réforme de la Justice. Et propose de soumettre ces mesures aux Français au travers d’un référendum, dans un délai de 6 mois après son élection.

 

A partir de ces points de convergence politique, je suis obligé de reconnaître que, à mes yeux de militant rénovateur, les idées défendues par « Rénover Maintenant » sont bien plus proches de celles de Laurent Fabius que de n’importe quel autre candidat à la candidature. Je dis bien n’importe quel autre…

 

Parmi les 7 engagements pour 2007 de Laurent Fabius, lesquels te semblent les plus importants ?

 

Ceux qui nous paraissent, au sein de « Rénover dans la fidélité », les plus essentiels sont en premier lieu la réduction des inégalités salariales avec l’augmentation du SMIC à 1 500 euros bruts ; un plan de création d’emplois et de lutte contre la précarité ; la reconnaissance d’un droit effectif au logement. A cela s’ajoute, la rénovation des institutions, que Laurent Fabius ne néglige pas du tout parmi ses engagements, et qui retient aussi tout notre intérêt de militants attachés à la perspective d’une nouvelle République, plus juste et plus responsable.

 

En effet, nous défendons l’idée que la rénovation pour laquelle nous militons ne se fera pas sans un engagement des citoyens et un intérêt renouvelé de leur part pour la chose publique. C’est grâce à cette ouverture vers l’extérieur que les partis pourront enfin changer, et que la République comme la société évolueront. La 5e République est en pleine déliquescence, aussi parce que nos concitoyens ont déserté le champ politique. Or, comme le disait Engels à la fin du 19e siècle : « Pour pouvoir faire de la politique, il faut d’abord pouvoir se nourrir, se loger, se soigner ».

 

 

 

- Publié dans : Vie politique locale
- Voir les commentaires - Recommander
Mardi 29 août 2006

Par Alexis Dalhem - Publié dans : Vie politique nationale
- Voir les commentaires - Recommander
Lundi 21 août 2006

Les militants de Rénover dans la Fidèlité , qui regroupent des militants de Rénover Maintenant favorables à la candidature de Laurent Fabius, ont souhaité interpeller ce dernier. Voici les réponses de Laurent Fabius :

  

1 - A l'intérieur du Parti comme à l'extérieur, tu cultives une démarche assez "mitterrandienne". Est-ce qu'il n'est pas temps, au contraire, de rompre avec cet héritage ? Est-ce que ce n'est pas aussi cela la rénovation ?

Se souvenir de François Mitterrand ne consiste pas à abdiquer toute pensée aigüe ou toute réflexion personnelle. Et certainement pas à négliger l’exigence impérieuse de rénovation. Quand j’évoque sa mémoire ou son message, je manifeste d’abord ma fidélité personnelle à un homme hors du commun, que j’ai accompagné dans la phase la plus décisive de sa vie politique.

 

 

 C’est à ses côtés que j’ai mené mes premiers combats politiques ; que j’ai partagé la passion de l’action locale et découvert l’expérience de ministères-clés comme le Budget, l’Industrie et la Recherche ; c’est lui qui m’a appris à agir en européen convaincu, mais aussi exigeant et c’est à sa demande que j’ai dirigé le gouvernement. Je lui suis reconnaissant de m’avoir accordé sa confiance, dans les bons et dans les mauvais moments. J’apprécie la loyauté et la fidélité. C’est pourquoi j’ai toujours refusé d’ajouter ma voix à la pluie de critiques qui ont pu se manifester durant les dernières années de sa présidence, y compris au sein du Parti Socialiste.

  

Chaque homme, chaque bilan, chaque vie a évidemment ses « plus » et ses « moins », ses lumières et sa part d’ombre. Mais, j’ai toujours pensé que chez Mitterrand, les « plus » l’emportaient largement. C’est pourquoi j’ai été heureux de voir les socialistes désormais unanimement rassemblés autour de sa figure et de son action à Jarnac, en janvier, pour le 10ème anniversaire de sa mort.

  

"Ancrer la parti socialiste à gauche
pour créer les conditions du rassemblement de la gauche"

 

 Mais, au-delà de cette fidélité personnelle, la démarche mitterrandienne que tu évoques, et dans laquelle je me reconnais, est avant tout pour la gauche et pour notre pays, une démarche politique. Elle me paraît plus que jamais d’actualité à l’approche des échéances 2007. Elle tient en deux choix :

  

- d’abord ancrer le Parti Socialiste à gauche pour créer les conditions du rassemblement de la gauche autour des socialistes. F.Mitterrand savait que les stratégies dites de « troisième force » et d’alliance avec le centre conduisent la gauche à l’échec. Pour fédérer la gauche autour du PS, il a doté celui-ci d’une véritable volonté de transformation sociale. Ce choix ne s’est pas imposé sans mal car, déjà à l’époque, certains camarades avait un goût prononcé pour la pensée libérale et pratiquaient la « danse du centre ». Je n’en étais pas et je n’en suis toujours pas aujourd’hui, alors que ce débat est toujours d’actualité. Des prises de position récentes montrent qu’il sera en réalité au cœur de notre campagne interne pour la désignation du candidat : veut-on créer les conditions politiques d’un gouvernement de rassemblement de la gauche ou cherche-t-on, en se référant un jour à Blair et en empruntant le lendemain à Sarkozy, à se rapprocher du centre droit ?

  

- l’autre choix mitterrandien, c’est d’avoir su conjuguer la transformation sociale et l’action gouvernementale dans la durée. Avant Mitterrand, la gauche avait su mettre en œuvre de  grandes avancées, mais il lui avait été ensuite difficile de gouverner dans la durée. Souviens-toi du Cartel, du Front populaire, de la Libération ou encore de Mendès France. Mitterrand a brisé la « malédiction du pouvoir » : avant lui, la gauche gouvernait par éclipses ; avec lui, elle a agi durablement. Les conquêtes de 1981-1986 – la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, l’abolition de la peine de mort, le sauvetage de notre industrie par la nationalisation de certains groupes, la décentralisation, la relance européenne avec Kohl face à Thatcher, la démocratisation de l’audiovisuel, la dépénalisation de l’homosexualité – ont été significatives. Ensuite, réélu en 1988, Mitterrand a voulu inscrire ces conquêtes dans le temps, c’était le sens du deuxième septennat qui n’a pas eu le même souffle, ni la même audace que le premier. Ce choix mitterrandien – volonté et durée – doit rester le nôtre pour le futur. Comme je l’avais souhaité, le projet que nous avons adopté cette année est ambitieux, mais il ne doit pas être travesti ou affadi ; cette ambition, nous devrons l’inscrire dans la durée de l’action gouvernementale.

  

Voilà les raisons qui expliquent ma fidélité à la démarche mitterrandienne, ce qui ne signifie pas servilité intellectuelle ou refus des évolutions indispensables. Sur un point en particulier, je marquerai clairement une différence pour 2007 : la question des institutions. Pour F. Mitterrand, il fallait démontrer que la gauche était capable de gouverner dans le cadre des institutions de la Vème République. Cette démonstration a été faite et ces institutions ont montré leurs limites, nous avons besoin d’une profonde réforme. C’est un exemple parmi d’autres de la  « rénovation » dont je veux être porteur. Au fond, avant d’aller au combat présidentiel en 2007, je préconise de relire « Le coup d’Etat permanent ». J’y trouve des propositions qui restent actuelles et qui sont même devenues urgentes.

 

2 – Précisément, tu as évoqué à plusieurs reprises une nécessaire évolution des institutions en France. Pour autant, tu ne parles pas de 6e République. Peux-tu nous expliquer le contenu que tu donnes à cette évolution institutionnelle ?

  

Je suis clairement partisan d’une République nouvelle de nature parlementaire et nous pourrions faire le lien avec le sujet précédent en disant que la relecture du « Coup d’Etat permanent » est revigorante. Pour 2007, je suis heureux que notre projet, après certaines hésitations, ait tranché dans ce sens. Cela n’a pas été sans difficultés ! Plusieurs de nos responsables étaient  - et sont peut-être demeurés - favorables à un régime présidentiel. Ce n’est pas le régime à mes yeux le plus efficace, ni le plus équilibré. En outre c’est celui que propose N.Sarkozy. D’autres camarades plaidaient en faveur du statu quo, pensant que la question institutionnelle est relativement secondaire et que quelques bonnes pratiques locales conjuguées à une extension de la décentralisation pouvaient remplacer une authentique réforme des institutions et de l’Etat. Je ne suis pas d’accord. Parce que je connaissais ces réserves, j’ai fait le choix d’intervenir dans le cadre de la Commission du projet et publiquement en faveur d’une réforme des institutions et pour un régime parlementaire : tu peux par exemple consulter l’entretien que j’ai accordé au Monde sur ce sujet en mai dernier [www.laurent-fabius.net/article499.html].

  

Mon analyse est la suivante. La France vit une crise démocratique profonde. Le président ne préside plus, le gouvernement ne gouverne plus, le parlement parle à peine, les partenaires sociaux sont court-circuités ou priés d’acquiescer. Quant au peuple, il n’est plus entendu ! Régionales, cantonales, européennes, référendum – quand les Français votent, la droite se bouche les oreilles et poursuit sa politique comme si les urnes n’avaient pas parlé ! Après le fiasco du CPE et la lamentable affaire Clearstream, on pourrait dire de ce régime : « Jacques Chirac l’a tué ». Les institutions sont fourbues. Il faut leur redonner des nerfs, grâce à une République nouvelle.

  

"Une république nouvelle parlementaire"

  

Si je suis désigné par les socialistes, puis élu par les Français, nous soumettrons à référendum dès septembre 2007 les fondements de cette République nouvelle. Les rôles de l’Assemblée nationale et du Premier ministre seront renforcés, et celui du président recentré sur l’arbitrage, le long terme et les valeurs qui fondent la cohésion de la Nation. Concrètement , cela signifie notamment : la responsabilité pénale du chef de l’Etat, le mandat unique pour les parlementaires, une dose de proportionnelle pour l’élection des députés, la suppression de l’article 49-3, un statut pour l’opposition, la parité gouvernementale, le droit de vote des étrangers aux élections locales, ainsi que les aspects constitutionnels de la réforme de la justice. Pour assurer un Etat impartial, le Président ne sera plus membre du Conseil supérieur de la magistrature, ne nommera plus les membres du Conseil constitutionnel ou du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Cette refondation démocratique s’étendra à la démocratie territoriale, la démocratie sociale et la démocratie culturelle, qui seront renforcées. Enfin, pour ancrer la démocratie participative dans notre pacte républicain, je suis favorable à un mécanisme qui permettrait à une proposition de loi soutenue par plus d’un million de Français d’être examinée par le Parlement.

  

Vient alors la question sémantique que tu soulèves. D’un point de vue juridique, la « VIème République » suppose que la nouvelle assemblée nationale ait un mandat constituant, que l’actuelle Constitution soit abrogée et entièrement réécrite, et que de nouvelles élections législatives se tiennent après l’adoption de la nouvelle Constitution. Durant ce laps de temps, l’action économique et sociale de la France sera suspendue alors même que les urgences, dès mai et juin 2007, s’appelleront la hausse des salaires et des pensions, le collectif budgétaire pour l’école, le logement, la santé, la recherche, l’environnement, et que des rendez-vous européens auront lieu au cours desquels la France devra marquer avec force sa volonté d’engager, avec ses partenaires les plus euro-volontaires, une réorientation de l’Europe et une relance sociale et démocratique. Voilà pourquoi je parle plutôt de « nouvelle République ». Je pense que l’on peut réformer très profondément et très rapidement les institutions actuelles sans passer par ces différentes étapes. Et, au-delà des termes, pour arriver au même but : une République nouvelle parlementaire.

 

 

 

3 - Tu te présentes comme un républicain, défenseur de la laïcité, ce qui inclut la lutte contre les communautarismes. Dans quelle mesure cette position est-elle compatible avec la rénovation qui passe par plus de place accordée aux femmes et aux "minorités visibles" ?

  

Tu as raison d’évoquer cet attachement à la laïcité. Si je devais me définir, je dirai : socialiste, républicain et laïc. La laïcité, j’y suis attaché depuis le lycée ! Pour moi, la laïcité n’est pas une valeur parmi d’autres, c’est la clé de voûte de notre vivre ensemble. Elle ne doit pas être « ouverte », « adaptée », relativisée, ou que sais-je encore, elle doit être constamment réaffirmée. J’ajoute que les événements qui déchirent actuellement le monde ne font que me renforcer dans cette conviction. L’alternative aux fondamentalistes de tous bords, les islamistes iraniens comme, d’une autre façon, les évangélistes américains, c’est la laïcité à la française : chacun est libre de pratiquer un culte ou de ne pas en pratiquer, mais il réserve ce choix à la sphère privée.

  

Citoyenneté plutôt que religiosité et communautés, cette conviction n’est pas nouvelle. Elle me sépare par exemple totalement de N. Sarkozy et elle sera un élément fondamental de clivage pour les prochaines échéances. J’avais fait de la laïcité le thème central de mon intervention lors du Congrès de Dijon en mai 2003. J’ai plaidé pour qu’une loi interdise les signes religieux ostensibles dans nos écoles. Là encore, plusieurs de nos responsables défendaient un autre point de vue, préférant un statu quo intenable – et d’abord pour les chefs d’établissement et les enseignants ! – à la réaffirmation de la laïcité. Dans le prolongement de cette loi, je souhaite qu’une Charte sur la laïcité soit adossée à la Constitution. Cette proposition, que j’avais formulée, figure désormais dans le projet socialiste.

  

"Faire en sorte que la diversité soit mieux reprséntée dans nos rangs"

  

Mais, pour moi, réaffirmer la laïcité ne signifie en aucun cas ignorer le visage moderne et divers de la France. Je suis partisan d’une stricte égalité de droits et de devoirs entre les différentes religions, ce qui exige une plus grande reconnaissance de l’Islam. Je suis un adversaire acharné de toutes les discriminations, qu’elles visent les immigrés installés sur notre territoire, les jeunes Français issus de l’immigration, ou nos compatriotes d’Outre-Mer. Je partage la demande d’égalité formulée par les homosexuels. Je suis un combattant de la cause des femmes. Nous devrons faire preuve de volontarisme pour aller jusqu’au bout de la parité : c’est notamment le sens de ma proposition d’un gouvernement intégralement paritaire. Sans avoir recours à des quotas, nous devons faire en sorte que la diversité soit mieux représentée dans nos rangs.

  

Par exemple, il y a deux ans, j’ai soutenu la candidature de Bariza Khiari au Sénat, qui est à ce jour la seule femme originaire d’Afrique du Nord à siéger dans cette assemblée. Lors des législatives, j’ai aussi souhaité que des candidats issus de la diversité puissent se présenter en nombre suffisant et en position éligible. J’ajouterai un élément : le renouvellement générationnel. Beaucoup de trentenaires m’accompagnent. Lors du Congrès du Mans, j’ai fait en sorte qu’ils soient présents au conseil national  du PS au titre de la motion Rassembler à Gauche. La remise en cause du cumul des mandats doit leur permettre d’accéder en plus grand nombre à l’élection. Enfin, s’agissant du prochain gouvernement, il devra marquer un équilibre entre l’expérience qu’exigent des circonstances très difficiles et que légitime la qualité de nos responsables et le nécessaire renouvellement des équipes.

 

 

 

4 - L'Université d'été de Rénover Maintenant à Fouras a lieu dans quelques jours. Qu'as-tu à dire aux camarades de notre courant ?

  

Comme ce fut le cas lors des précédentes échéances, le choix du candidat socialiste à l’élection présidentielle ne sera pas seulement celui d’un homme ou d’une femme. Ce sera le choix d’une ligne politique et d’un grand dessein pour la France. Le sens de ma candidature est clair : en rassemblant les socialistes d’abord, la gauche et les Verts ensuite, une majorité de Français enfin, je souhaite être le Président d’un vrai changement.

 Des débats auront lieu entre les différents candidats dans le cadre de notre campagne interne. Sans artifice ni zig-zag, j’espère qu’ils permettront d’aller au fond des choses.

 Sur cette base et loin des pressions médiatico-sondagières ou de la dérive people, chaque militant(e) se déterminera en conscience, au nom de l’idée qu’il (elle) se fait de la gauche, de ses valeurs et de son action. Il - ou elle - aura aussi à se demander qui d’entre nous, sollicitant son suffrage, s’attache vraiment dire ce qu’il fera et ce qu’il ne fera pas.

  

"Faire de la politique avec un grand P
pour changer de contenu et de méthode"

  

A l’échelon local, les amis qui m’accompagnent et ceux de ta sensibilité échangent, agissent, s’opposent et proposent souvent ensemble. Depuis 2002, dans le parti ou dans les mobilisations sociales, nous nous sommes retrouvés dans des causes communes : je pense notamment à notre refus fondamental de la dérive libérale de l’Europe et à notre volonté de faire barrage aux méfaits de la mondialisation financière. Comme les institutions et la démocratie, ces deux enjeux seront au cœur de l’élection de 2007. Pour leur donner un débouché politique, il faudra des convictions solides, et non des positionnements de circonstance ou quelques propos à l’emporte pièces, sur fond d’apologie du blairisme et de  mondialisation
« heureuse ». Comment par exemple, se faire le chantre d’une Europe plus démocratique et sociale, après avoir expliqué à la veille du 29 mai 2005 que si les Français votaient NON, il faudrait privatiser les cantines scolaires de telle ou telle Région. Pas sincère. Est-ce crédible ? Je souhaite, moi, que nous fassions réellement de la politique avec un grand P pour changer de contenu et de méthode, à la lumière de notre expérience, dont il faut reconnaître objectivement les réussites et les échecs. C’est cela la vraie rénovation. Vous pouvez compter sur moi pour tenir des engagements qui, si souvent, nous ont rassemblés et nous rassemblent.

 

Par RAG 20e - Publié dans : Vie politique nationale
- Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 27 juillet 2006

Lors de la dernière réunion de Rassembler à Gauche du XXème plusieurs militants ont exprimé leur désarroi. Comment ne pas les comprendre ?

  La peur liée à la grippe aviaire voire la lutte contre le CPE semblent si lointains alors que les canons tonnent au Moyen Orient, qu’une nouvelle canicule,  symbole du dérèglement climatique, s’installe, que la mondialisation libérale et la précarité continuent de progresser, que la Droite continue à prendre des mesures iniques et répressives, ….

 L’élection présidentielle de 2007 sera donc la plus importante depuis celle de 2001. En effet, les Français auront un vrai choix de civilisation à effectuer entre un candidat de Droite libéral, communautariste et atlantiste et, espérons-le, un candidat de Gauche socialiste, écologiste, républicain et Européen

 L’an dernier nous avions constaté que la direction du PS était inaudible face à la Droite  : l’opposition c’était François Bayrou !!  Face aux interrogations voire aux angoisses des Français, quelle est l’attitude de la direction du PS :

 -         elle a concocté un projet sans âme issu d’un débat tronqué. Ce n’est qu’un catalogue de mesures qui cherche à contenter toutes les sous-catégories de Français sans leur offrir une véritable vision de l’avenir (l’avenir ne doit pas être désiré mais maîtrisé) ni prouver une quelconque gestion du temps

 -         un calendrier aberrant : l’attente première des Français vis-à-vis du PS est-elle de savoir qui seront les candidats aux législatives ? La discussion du projet avec les militants et les Français aurait été beaucoup plus profitable. Ce projet aurait pu alors être porté par notre candidat aux présidentielles qui aurait pu ainsi se positionner efficacement face à Nicolas Sarkozy.

 -         une gestion clanique du parti où la parité et la diversité sont instrumentalisées, où l’autoritarisme est pris pour du leadership dans le but d’éliminer tel ou  tel candidat qui déplaît. Les relations avec nos partenaires potentiels de gauche sont gérées dans un esprit boutiquier et non de façon politique.

 Malheureusement, la direction du PS n’est donc pas du tout à la hauteur des enjeux de la période.

 Dans cette, période difficile, nous devons tenir bon sur la ligne politique et sur la démocratie à l’intérieur du Parti.

  Le débat, qui va s’ouvrir en septembre à propos de la désignation de notre candidat à l’élection présidentielle, est donc crucial. Il devra s’articuler autour de 3 grandes questions :

 -         quelle vision de la France et du monde porter face aux Français ? Donc quelle ligne politique proposer ?

 -         quel(le) candidat(e) sera le mieux à même de rassembler toute la gauche dans ce combat formidable face à Nicolas Sarkozy ?

 -         quel(le) candidat(e) sera un bon Président de la République  ?

 Ce n’est qu’après la présentation des différentes stratégies des candidat(e)s et après un débat approfondi entre les candidat(e)s et à l’intérieur du Parti que nous pourrons désigner sereinement notre candidat(e) et nous ranger, réunis, derrière lui (ou elle).

 La victoire face à la Droite sera difficile à obtenir. Elle ne pourra avoir lieu que si notre candidat(e) propose un ligne à même de rassembler toute la Gauche.   

Par Michel Cabirol - Publié dans : Vie politique nationale
- Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus